« Bien se comporter ne suffit pas », Thomas Courtois, président Nickel
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« Bien se comporter ne suffit pas », Thomas Courtois, président Nickel
Il est à la tête d’une petite entité au sein du groupe BNP Paribas. Depuis 2019, Thomas Courtois dirige Nickel, un service bancaire ouvert à toute personne physique à partir de douze ans, sans condition de revenus et sans possibilité de découvert ni de crédit.
Par Chloé Consigny
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Par Chloé Consigny
En 2024, vous avez été distingué par l’Autre Cercle dans la catégorie des dirigeant·es allié·es. D’où provient votre engagement ?
Je pense que c’est d’abord un sujet d’éducation. J’ai grandi dans une famille hyper attentive au respect des autres. Néanmoins, sur le sujet de l’inclusion des personnes LGBTQI+, mon engagement m’est venu plus tardivement. Au début de ma carrière, un ami au travail m’a confié, autour d’un déjeuner, qu’il était homosexuel et je n’ai pas été à la hauteur parce que je n’ai pas su comprendre à quel point c’était difficile pour lui d’en parler dans le milieu professionnel. J’ai alors compris que c’était un sujet d’entreprise et pas uniquement un sujet RH. Aujourd’hui, en qualité de dirigeant, bien se comporter ne suffit pas. C’est mon rôle d’embarquer mes équipes sur ce genre de sujet, pour que justement cela n’en soit plus un.
Concrètement, quelles sont les actions mises en place ?
Nickel compte 850 collaborateurs, avec une moyenne d’âge de 34 ans. La nouvelle génération est beaucoup plus sensible aux sujets d’inclusion et de diversité. Au-delà des jeunes talents, c’est la société qui, aujourd’hui, demande davantage aux entreprises. Au sein du groupe BNP Paribas, nous avons la chance d’avoir un réseau de collaborateurs LGBTQI+ et allié·es très actif. Nous avons également des référents Diversité & Inclusion dans chaque équipe. Il s’agit de personnes-ressources qui s’engagent en plus de leur travail. Au-delà de la diversité d’orientations affectives et d’identités de genre, nous adressons toutes les diversités. Nous recrutons sans condition de diplômes, tandis que chaque nouveau salarié est accueilli par une sensibilisation aux diversités. Nickel est d’autant plus concerné qu’à l’externe, l’inclusion sociale est au cœur de notre proposition de valeur.
Par son offre, Nickel s’attaque à la précarité bancaire, pourtant aujourd’hui en France 95 % des personnes sont bancarisées. Quelle est la clientèle cible de Nickel ?
La question n’est pas tant celle de la non-bancarisation que celle de la sous-bancarisation. L’institution bancaire peut encore être perçue comme intimidante, notamment par les personnes qui n’ont pas reçu d’éducation financière. Nickel permet d’ouvrir un compte très simplement chez un buraliste, sans avoir à livrer un justificatif de domicile. Nickel ne proposant pas de crédits et ne permettant pas de découvert est un compte ouvert à tous, y compris aux interdits bancaires. Nous avons réduit notre application aux informations essentielles, avec un affichage très simple des opérations. Enfin, nous n’avons pas segmenté notre offre. Cela nous permet de proposer un service unique à destination de clientèles variées. Certain·es utilisent Nickel comme un compte secondaire pour leurs enfants ; tandis que d’autres l’utilisent pour les achats au quotidien. Pour nous adresser au plus grand nombre, nous avons mis en place des fonctionnalités, à l’instar de l’encoche sur la carte pour les personnes malvoyantes ou encore la fonctionnalité True Name.
Nickel est la seule fintech française à avoir mis en place la fonctionnalité True Name qui permet de changer son prénom d’usage. Comment l’expliquez-vous ?
La fonctionnalité True Name a été imaginée par Mastercard et permet de changer le prénom d’usage sur une carte bancaire, indépendamment de celui figurant sur son état civil. Il faut bien avoir à l’esprit qu’une carte bancaire n’est pas un document d’identité. Il est donc tout à fait possible de modifier le prénom d’usage. En tant que fintech, nous possédons nos propres systèmes d’information. Il nous a donc été facile de penser nativement cette fonctionnalité. Certains systèmes informatiques de grandes banques universelles ne le permettent pas, ce qui peut expliquer la non-adoption de cette fonctionnalité.
Au départ, nous pensions que cette fonctionnalité s’adresserait principalement aux personnes en transition. Néanmoins, nous l’avons mis en place dans les 5 pays où nous sommes présents et nous constatons que 5% des clients ayant opté pour une carte personnalisée ont eu recours à la fonctionnalité True Name. Cela montre bien qu’il y a une réelle demande.
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